Les entreprises du recyclage exercent les activités de récupération, de recyclage et de valorisation des matières métalliques et autres matériaux recyclables. Elles assurent également le commerce et le négoce des matières premières recyclées. Ces entreprises font partie, avec d'autres secteurs, du paysage de la gestion et valorisation des déchets.
Emplois dans le secteur des déchets et du recyclage
Plus de 14 463 emplois dans le secteur des déchets et du recyclage sont recensés en Nouvelle-Aquitaine en 2023.
Répartition des emplois régionaux selon les secteurs public et privé en ETP (Equivalent Temps Plein)
ZOOM SUR LES EMPLOIS DES ENTREPRISES PRIVEES DU RECYCLAGE
Pour l'année 2023, on dénombre 3 847 emplois en région dans les entreprises privées du recyclage, 2 481 emplois privés en ce qui concerne la collecte des déchets et 1 551 pour leur traitement/dépollution (soit au total 7 819 emplois - environ 7 397 ETP).
Répartition des emplois des entreprises privées du recyclage en Nouvelle Aquitaine par type d'activité en nombre de salarié
Répartition des emplois des entreprises privées du recyclage par département et type d'activité en nombre de salarié
ZOOM SUR LES EMPLOIS PUBLICS POUR LA GESTION DES DECHETS MENAGERS ET ASSIMILES
Le service public de gestion des déchets ménagers et assimilés concerne environ 7 066 ETP en régie en 2023 (extrapolation AREC sur la base de l'enquête menée en 2024 auprès des collectivités exerçant une compétence déchets en 2023).
Répartition des emplois publics pour la gestion des DMA par département en ETP (Equivalent Temps Plein)
ZOOM SUR LES EMPLOIS DE CERTAINES INSTALLATIONS DE TRAITEMENT DE DÉCHETS
En 2023, le tri des emballages ménagers représente environ 689 ETP (publics et privés), le stockage des déchets non dangereux non inertes environ 146 ETP et l’incinération de ces mêmes déchets 318 ETP.
Emplois régionaux de certaines installations de traitement des déchets en ETP (Equivalent Temps Plein)
Financement du service public de prévention et de gestion des déchets
Tarification incitative : 16 % de la population régionale concernée en 2023
TEOM : Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères
REOM : Redevance d'Enlèvement des Ordures Ménagères
TEOMI : TEOM incitative
REOMI : REOM incitative
En 2023, environ 985 milliers d'habitants sont concernés par une tarification incitative, soit environ 16% de la population régionale. Le déploiement de la tarification incitative en région se poursuit : certaines collectivités ont rendu cette tarification effective sur tout ou partie de leur territoire, d'autres sont en cours de déploiement opérationnel ou le prévoient à court terme.
Modes de financement du service public de prévention et de gestion des déchets par EPCI de collecte en région Nouvelle-Aquitaine
En 2023, la part de la population couverte par mode de financement est la suivante :
- 6% en REOM
- 78% en TEOM
- 16% en TI (11% en REOMI et 5% en TEOMI)
Évolution de la population par mode de financement
Évolution de la population associée à une tarification incitative
La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) fixe un objectif national de 15 millions d'habitants couverts par une tarification incitative au niveau national en 2020 et 25 millions en 2025, soit environ respectivement 22% et 37% de la population.
En comparant l'évolution de la part de la population couverte par un mode de financement incitatif pour chaque département, il apparaît que le déploiement de la tarification incitative varie fortement. Il est le plus avancé en Corrèze et en Dordogne, où plus de la moitié de la population est couverte par un mode de financement incitatif.
Coûts du Service Public de Prévention et de Gestion des Déchets
Depuis 2005, l’ADEME conduit au niveau national une démarche qui vise à soutenir les collectivités locales pour concevoir, conduire et réguler leur politique de prévention et de gestion des déchets, en particulier par la connaissance et la maîtrise des coûts. Il s’agit de la Matrice des coûts et de la méthode ComptaCoût®. Le remplissage de la matrice permet une identification des coûts par flux de déchets et par étape technique de gestion, ce qui facilite la comparaison avec d’autres collectivités et l’information des usagers. L’engagement dans la démarche ComptaCoût® a pour but de pérenniser le renseignement de la matrice année après année en mettant en place une méthode, des procédures et des outils de suivi.
QUELQUES DÉFINITIONS
COÛTS :
- Coût aidé : ensemble des charges (structure, collecte, transport, etc.) moins les produits industriels (ventes de matériaux et d’énergie, prestation à des tiers), les soutiens des éco-organismes (filières à responsabilité élargie des producteurs/REP) et les aides publiques. Ce coût reflète la charge restant à financer par la collectivité. Il est généralement exprimé en € HT/hab pour le rapprocher du niveau de financement et présenter aux usagers la structure des coûts à financer. Affiché en € HT/t, il permet de rendre compte du poids économique résiduel de chaque flux afin de le mettre en perspective.
- Coût complet : ensemble des charges (structure, collecte, transport, etc.). Ce coût est pertinent pour mener une analyse sur l’organisation du service et son optimisation.
TYPOLOGIES D'HABITAT :
- Rural : ni touristique et/ou commercial ni urbain et dont la densité de logements est inférieure à 35 logements/km² et dont le taux d’habitat collectif est inférieur à 20% ;
- Touristique et/ou commercial : remplissant au moins un des trois critères suivants : plus d’1,5 lits touristique par habitant et/ou un taux de résidences secondaires supérieur à 50% et/ou au moins 10 commerces pour 1 000 habitants ;
- Urbain : ni touristique ou commercial et dont la densité de logements est supérieure à 200 logements/km², ou dont la densité de logements est supérieure à 35 logements/km² et dont le taux d’habitat collectif est supérieur à 45%, et dont la densité de logement est inférieure à 1 800 logements/km² bâti ;
- Mixte : ni touristique et/ou commercial ni rural ni urbain.
Les jeux de données sont issus des matrices déclarées dans SINOE® par les collectivités et exportées aux dates suivantes : données 2019 et 2020 en date du 02/12/2022 ; données 2021 en date du 10/01/2023 ; données 2022 en date du 04/11/2024.
Collectivités dont les matrices des coûts ont été utilisées pour les analyses
COÛT COMPLET
Répartition des charges et des produits en €/hab
COÛT AIDÉ MOYEN POUR LES PRINCIPAUX FLUX
Les coûts aidés moyens des principaux flux de déchets ménagers et assimilés sont du même ordre de grandeur au niveau régional et national.
Le flux d'ordures ménagères résiduelles représente le principal poste de charges.
Répartition du coût aidé moyen pour les principaux flux de déchets ménagers et assimilés
POUR COMPRENDRE L'ANALYSE
Les données présentées sous la forme de graphiques en boîte à moustache ont l’intérêt de représenter la dispersion du jeu de données autour de la médiane.
La médiane est le point milieu du jeu de données, c’est-à-dire que l’on a autant de données supérieures que de données inférieures (en valeur).
Aide à la lecture de l'exemple de boîte à moustache :
- ''La médiane est de 520 unités'', c’est-à-dire que l’on a autant de valeurs en dessus qu’en dessous de ce point milieu.
- "50% des collectivités ont une valeur comprise entre 202 et 619 unités" qui correspondent aux 1er et 3ème quartiles.
- "80% des collectivités ont une valeur comprise entre 196 et 722 unités" : les 1er et 9ème déciles permettent d’écarter de la série de données les valeurs « extrêmes » qui, statistiquement, pourraient être défaillantes.
Exemple de boîte à moustache
COÛTS AIDÉS RÉGIONAUX ET NATIONAUX PAR TYPE DE FLUX
Les coûts aidés médians régionaux de chacun des principaux flux (OMR, recyclables secs hors verre, verre, déchèteries) sont du même ordre de grandeur que les coûts aidés médians observés au niveau national.
Le coût aidé médian du flux d’OMR est supérieur à celui des autres flux. En effet, les charges des autres flux sont davantage couvertes par les produits tels que la vente de matériaux ou les soutiens, le coût restant à la charge de la collectivité en est donc diminué. La dispersion des coûts est également plus importante pour le flux d’OMR, en lien avec la quantité de déchets collectés par habitant et, indirectement, du coût par tonne collectée, variables d’une collectivité à l’autre.
Coûts aidés régionaux et nationaux en € HT/hab par type de flux
COÛTS AIDÉS SELON LA TYPOLOGIE D'HABITAT ET LE MODE DE FINANCEMENT DU SERVICE
Peu de variations du coût aidé en € HT/hab sont observées en fonction du mode de financement du service. Cela ne signifie pas qu’il n’y a aucun lien entre le coût aidé et le mode de financement mais que d’autres facteurs, tels que le niveau de service ou les quantités collectées, atténuent cet impact.
Coûts aidés en € HT/hab selon la typologie d'habitat ou le mode de financement
COÛTS AIDÉS SELON LA QUANTITÉ COLLECTÉE PAR TYPE DE FLUX ET PAR MODE DE COLLECTE (HORS GRAVATS)
Concernant le coût aidé selon la quantité collectée (hors gravats) par type de flux :
- OMR : le lien entre la quantité d’OMR collectée et le coût aidé en € HT/hab. est bien visible : plus les quantités d’OMR collectées sont importantes, plus les coûts de gestion sont élevés pour la collectivité.
- Verre : le lien entre les quantités collectées et le coût aidé n’est pas linéaire comme pour les OMR. En effet, ce flux génère des recettes non négligeables, qui augmentent avec la quantité collectée et diminuent donc le coût aidé. Les collectivités fonctionnant en porte-à-porte ne collectent pas plus de verre que les autres. Cette tendance s’observe également au niveau national. La collecte du verre en porte-à-porte ou mixte (PàP et AV) n’est pas nécessairement plus coûteuse qu’en apport volontaire.
- Recyclables secs hors verre : comme pour le flux de Verre, il n’y a pas de corrélation linéaire entre les quantités collectées et le coût aidé.
Coûts aidés en € HT/hab en fonction de la quantité collectée en kg/hab
COÛTS AIDÉS DES DÉCHÈTERIES
Le lien entre la quantité collectée et le coût aidé pour les déchèteries est relativement linéaire, mais d’autres facteurs interviennent, comme le nombre d’habitants desservis notamment. Plus il y a d’habitants desservis par déchèterie, plus les charges fixes par habitant seront faibles.
Cependant, les coûts de gestion du bas de quai des déchèteries (transport et traitement) ne sont pas directement liés à leur desserte, c’est pourquoi il ne ressort pas de lien linéaire sur ce graphique.
Coûts aidés en € HT/hab des déchèteries en fonction du nombre d'habitants desservis
COÛTS AIDÉS DES ORDURES MÉNAGÈRES RÉSIDUELLES PAR MODE DE TRAITEMENT
Le coût aidé du flux d’OMR est globalement plus élevé pour l’incinération. Les autres modes correspondent soit à un mix entre incinération et stockage soit à du tri mécano-biologique/méthanisation.
Coûts aidés des OMR par mode de traitement
COÛTS AIDÉS DES ORDURES MÉNAGÈRES RÉSIDUELLES SELON LA FRÉQUENCE DE COLLECTE
Le coût aidé du flux d'OMR selon la fréquence de collecte porte sur le coût du flux global et non pas du seul coût de collecte.
Coûts aidés des OMR en € HT/hab selon la fréquence de collecte
COÛTS AIDÉS DES RECYCLABLES SECS HORS VERRE
Les coûts aidés médians pour le flux de recyclables secs hors verre tendent à être moins élevés lorsque le mode de collecte est l’apport volontaire.
Coûts aidés des recyclables secs hors verre en € HT/hab selon le mode de collecte